La secrétaire nationale des Verts, Cécile DUFLOT, était à
Lyon ce lundi 13 octobre. En pleine préparation des listes pour les élections
européennes de juin 2009 et à deux mois seulement du congrès du Parti écologiste,
elle désirait faire le point avec les médias et les militants sur les projets
et les objectifs des Verts dans la Région.
Consciente que les Verts sont souvent considérés comme "porteurs
de mauvaises nouvelles", Cécile Duflota tenu à indiquer qu'il
n'était pas question pour son parti de se satisfaire "d'avoir eu raison
avant les autres".
"Sur tous les sujets portés par les Verts, les autres
partis se sont peu à peu positionnés sur nos idées", indique t'elle.
"C'est bien sûr un sujet de satisfaction, mais face au réchauffement
climatique, à la crise annoncée de la croissance, la faillite du capitalisme
financier, aux pénuries d'énergie, à la crise alimentaire... les Verts sont
porteurs de solutions et de propositions constructives et bien différentes de
celles portées par l'UMP ou le PS"...
Les Verts doivent se faire entendre
Mais elle note que concrètement les choses sont compliquées :
si les Verts sont associés aux exécutifs dans la Région, la Ville ou le Grand
Lyon, ils ne sont évidemment pas majoritaires "et celà se sent dans
les décisions" !
Sur bien des sujets, les écologistes ne sont pas d'accord avec
les décisions prises par Gérard Collomb au Grand Lyon et Jean Jack
Queyranne à la Région. Mais Etienne Tête s'oppose à la formule
maintes fois répétée : "si on n'est pas content on se tait ou on démissionne".
Selon lui, c'est de l'intérieur qu' il faut lutter et convaincre. "Nous
ne sommes pas partisans de la révolution", indique Cécile Duflot, qui
veut croire que sur bien des sujets le bon sens et la pression de l'opinion
feront changer d'avis les présidents du Grand Lyon et de la Région Rhône-Alpes.
Le Grand stade, sujet de toutes les polémiques
Hasard du calendrier, Jean Michel Aulas, patron du club
de football de l'Olympique Lyonnais, réunissait le même jour au Grand Lyon
les "décideurs" pour son projet de Grand stade à Décines.
Pour Cécile Duflot, ce projet est emblématique des dossiers montés "en
dépit du bon sens". "Nous refusons de déplacer le débat sur tel
ou tel emplacement pour un nouveau stade", indique t'elle. La demande
des Verts est que soit discutée la politique même sous tendue par ce genre
d'équipement "d'un autre siècle".
Et de poser les questions qui fâchent : "pourquoi
faudrait t'il un Grand stade ? Nous savons que Gerland n'est jamais plein et
que près de 20% des places sont rachetées par la collectivité ! Où est le
débat sur l'opportunité d'un tel équipement privé surconsommateur d'énergie
et d'argent public ?
Qu'on se le dise, "les Verts aiment le sport".
Que ce soit en terme de coûts ou d’accessibilité, les Verts
veulent porter une véritable opposition politique au projet d'OL Land : "Les
arguments d'aménagement du territoire vers l'Est de l'agglomération sont
faux et opportunistes”, indique Cécile Duflot, rappelant qu'un équipement
surdimensionné de ce type alimente des flux de circulation une fois tous les
quinze jours mais ne représente absolument pas un facteur de développement
pour les banlieues. "On nous sort toutes sortes d' arguments",
s'insurge t'elle, "comme le fait que nous n'aimerions pas le
sport..." "mais nous aimons le sport, nous avons dans nos
rangs des fans de football, mais nous ne confondons pas sport et business,
public et privé !"
"Gérard Collomb a été victime du syndrome Allendé"
Et s'ils ne sont pas entendus ? Etienne Tête ne veut pas y
croire : il a déjà eu l'occasion de rencontrer en privé Gérard Collomb et
de lui indiquer "qu'il est en train de franchir la limite légale".En
investissant des fonds publics dans un projet privé puis en sous évaluant le
prix des terrains vendus par la communauté à ce même projet privé, il
s'expose à des difficultés "y compris dans le domaine
judiciaire".Mais il compte encore sur les amis socialistes du Président
du Grand Lyon pour "lui faire entendre la voix de la raison".
"Gérard Collomb a été victime du syndrome Allendé",analyse
l'élu Vert : "il a cru que les entrepreneurs ne le laisseraient pas
gouverner si il ne leur donnait pas des gages, mais entre donner des gages de
bonnes intentions et leur laisser les clés de la maison, il y a un pas qu'il
ne devrait pas franchir"...
Avec LYon-Politique.fr-
Voir aussi sur les sites de LYonenFrance:la
concertation sur l'OL Land- L'OL
répond à quelques questions-Aulas
face à la polémique-