Le Progrès 30 septembre

Le Progrès du 27 septembre

Grand Stade : volte-face du commissaire enquêteur

Donnant désormais un avis «favorable sous réserves», il affirmait hier soir avoir revu sa copie à la demande du vice-président du tribunal administratif

Ubuesque. Après avoir donné, le vendredi 11 juillet, un avis défavorable à la révision du plan local d’urbanisme au Grand Montout à Décines, lieu retenu par le Grand Lyon et l’OL pour y construire OL Land, le commissaire enquêteur fait machine arrière.

Mercredi, 24 heures après qu’à Paris, Jean-Michel Aulas ait soutenu que le futur stade de l’Olympique lyonnais serait construit en 2012, il adressait un courrier au cabinet du président du Grand Lyon, indiquant qu’il modifie son rapport, et donne cette fois-ci un rapport favorable au projet, « sous réserves ». Ses réserves concernent l’élaboration du schéma de cohérence territoriale (Scot) de l’agglomération lyonnaise qui sera adopté d’ici fin 2010, l’étude d’impact menée dans le cadre de Natura 2000 du V-vert jusqu’au Grand Large, et la distance entre la rocade Est et le stade puisque le code d’urbanisme prévoit une distance minimale de 100 mètres.

« Ubuesque », commente Christophe Cizeron, directeur du cabinet du président de la Communauté urbaine de Lyon. Gérard Collomb a aussitôt saisi le président du tribunal administratif, lequel lui a indiqué par retour que « sous réserve d’appréciation jurisprudentielle, seul le premier avis est à prendre en considération ». C’est donc l’avis défavorable de juillet qui prévaut. Dans un communiqué de la communauté urbaine parvenu hier après-midi dans les rédactions, il est néanmoins précisé que « le Grand Lyon poursuit l’étude technique du dossier (accessibilité, évolution du PLU, optimisation des retombées économiques pour le territoire) ».

Pourquoi une telle volte-face du commissaire-enquêteur, Jacques Jouffre. « Je l’ai fait à la demande du vice-président du tribunal administratif, M. Millet qui a jugé mon premier rapport inacceptable », nous a-t-il répondu au téléphone, hier soir. On en déduit donc que le président et le vice-président du T.A. ne se parlent pas beaucoup. Ubuesque.

En attendant, tout le monde paraît gêné de ce nouvel épisode dans le dossier OL Land déjà chargé. Un nouvel épisode qui ne va pas forcément le faire avancer plus vite, bien au contraire. « Je ne sais si on doit en rire ou en pleurer, juge le maire UMP Michel Forissier. On peut en rire si c’est une blague, mais en pleurer si le commissaire-enquêteur a été menacé pour modifier son rapport. » Un élu qui n’a pas envie de rire est le député UMP de la circonscription, Philippe Meunier : « C’est gravissime. Tout ça va finir très mal ».

Jacques Boucaud